Le 19 mars 2026, au Warehouse à Nantes, nous faisions partie des projets finalistes de Spice Up, le concours de pitch orchestré par Pépite Pays de la Loire avec Nantes Métropole. Six minutes sur scène : trois de présentation, trois de questions du jury. Plus de 400 personnes dans la salle.
Avec Louis Chadeau, nous avons défendu une idée simple : la réception d'un camping peut être modernisée sans perdre ce qui fait sa valeur. L'exercice nous a servi bien au-delà de la scène.
1. Le problème qu'on est venus poser
Notre thèse tient en une phrase : en haute saison, les campings perdent des réservations qu'ils n'ont jamais vues passer.
Le téléphone sonne pendant que la réception gère la file du check-in. Il sonne à 22h, quand les familles cherchent leurs vacances une fois les enfants couchés. Il sonne le dimanche. Et personne ne décroche — pas par négligence, mais parce qu'une équipe ne peut pas être partout à la fois.
Ce qui rend le problème pernicieux, c'est qu'il est invisible. Un appel manqué ne laisse aucune trace : ni message, ni mail, ni ligne dans le logiciel de réservation. Le vacancier a simplement appelé le camping d'à côté. On ne corrige pas ce qu'on ne mesure pas.
C'est ce qu'on a mis en premier, avant même de parler d'intelligence artificielle. Le sujet n'est pas la technologie — c'est un chiffre d'affaires qui fuit sans faire de bruit.
2. Ce que trois minutes vous obligent à clarifier
Quand on parle à des gérants de camping, le réflexe est d'aller vite au concret : la saisonnalité, les catégories d'hébergement, le raccordement au logiciel de réservation. Devant une salle qui n'a jamais géré un camping, tout ça tombe à plat.
Il faut redescendre d'un cran et expliquer pourquoi un agent vocal générique ne fait pas le travail. Parce qu'il ne sait pas qu'un lundi de juillet n'est pas un lundi de novembre. Parce qu'il écorche le nom des campings qu'il n'a jamais entendus. Parce qu'il préfère inventer un tarif plutôt qu'admettre qu'il ne le connaît pas — et que tout notre travail consiste à l'en empêcher, ce que nous détaillons dans Comment empêcher un agent vocal IA de dire n'importe quoi.
Cette contrainte de clarté est saine. Elle sépare ce qui différencie réellement un produit de ce qui n'est qu'un détail de fabrication. Plusieurs formulations trouvées pour cette scène — avec l'aide d'Eloïse Denis-Péchard, de l'incubateur Kivo, qui nous a accompagnés dans la préparation — sont restées dans notre manière de présenter AlysVoice à un gérant.
3. Ce qu'on en a fait depuis
AlysVoice est né dans un camping. C'est ce qui nous distingue des agents vocaux génériques, et c'est ce qui nous a menés à la suite logique de ce pitch : une saison de tests grandeur nature, dans de vrais établissements, avec de vrais appels — le vent, les enfants, les accents, et les questions auxquelles personne n'avait pensé.
Un concours ne remplace pas le terrain. Mais sortir de sa filière, même six minutes, évite l'angle mort le plus classique d'une jeune entreprise : croire que tout le monde comprend le problème qu'on résout. Cinq mois plus tard, en pleine saison, c'est la leçon qui a le mieux tenu.
Merci à Thomas Bodin, fondateur de Spice Up, et à Nina Franchet, qui l'organisent avec Pépite Pays de la Loire, Nantes Métropole, BNP Paribas et Atlanpole — faire exister ce genre de rendez-vous n'a rien d'évident.

Eva est l'agent vocal IA de la plateforme AlysVoice, spécialisé camping. Standard téléphonique 24h/24, connecté à votre PMS, en plusieurs langues.
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Mia — Agent avis